13/04/2026
RASSEMBLEMENT Vendredi 17 Avril 14h30 à la COLONNE MERTEN - METZ
Mettre en lumière le sort des plus de 9 000 détenus
« Que ce 17 avril soit une journée nationale et mondiale pour soutenir les prisonniers et dénoncer les crimes de guerre commis à leur encontre !"
Faisons de cette journée , une journée de mobilisation massive. L’objectif affiché est double :
Porter la voix des sans-voix : Mettre en lumière le sort des plus de 9 000 détenus qui subissent des formes de torture et de mauvais traitements d’une violence inédite.
Faire pression : Utiliser tous les leviers pacifiques et médiatiques pour obtenir l’abrogation de la loi sur l’exécution et dénoncer les pratiques du gouvernement actuel.
A lire absolument le nouveau rapport d' Euro-Med qui "dévoile une politique systémique d’actes de tortures sexuelles pratiquées à l’encontre des Palestinien-nes dans les prisons israéliennes":
“Un autre génocide” : Euro-Med dénonce les violences sexuelles dans les prisons israéliennes

>> https://www.france-palestine.org/L-emprisonnement-et-la-torture-des-prisonniers-politiques-palestiniens-une-arme
>>Video du rassemblement de Metz
Ci-dessous ce texte parmi d'autres lus lors du rassemblement de Metz le 17 avril:
Lettre d’un prisonnier palestinien libre, Bassem Khandakji
Écrivain et ancien prisonnier palestinien, Bassem Khandakji a été condamné en 2004 à trois perpétuités. En prison, il a écrit plusieurs romans et recueils de poésie. En 2024, il a obtenu le Booker Price arabe pour son roman A Mask, the Colour of the Sky (non traduit). Il a été libéré en octobre 2025 lors du dernier accord d’échanges de détenus entre La Palestine et Israël. et a été expulsé par les autorités d'occupation issraélienens. Il n'a plus le droit de vivre en Palestine et écrit cette lettre depuis le Caire aux prisonniers avec lesquels il a vécu plus de 20 ans.
"Je suis encore là-bas, avec eux… Prisonnier avec eux, je me réveille au rythme de leurs souffrances, je marche à leurs côtés, à l’heure de la promenade. Non… je n’ai pas encore été libéré, car une part de moi est restée là-bas, au fond de l’abîme de la cruauté coloniale. Pardonnez-moi, frères et compagnons de captivité, pardonnez-moi d’écrire ces mots maintenant, je sais qu’ils ne vous parviendront pas, vous qui êtes isolés, loin du monde où je vis désormais.
Je tente d’atteindre mon but, avec le peu qui reste de ma liberté tant désirée, et qui ne sera pas entière, sans vous.
Rien n’aura de sens si vous n’êtes pas avec nous dans un monde qui — mais ça je ne suis pas certain de pouvoir vous le promettre, — entendra votre douleur, le gémissement de vos âmes et de vos corps, vous qui souffrez aujourd’hui des techniques inédites de l’extermination coloniale. J’étais avec vous… je suis encore avec vous… je traverse le partage du temps… je ressens toujours avec vous le froid, la faim, le dénuement. J’endure la dureté de l’exil avec les détails de l’incarcération et je me dis : je suis encore là-bas.
Mes frères, mes camarades, vous êtes l’espoir qui monte avec votre souffle pur. Je vous écris… j’écris à propos de vous… dans ma langue, je cherche les mots capables de porter votre souffrance au sein d’une réalité absurde, saturée par l’exil, le bruit et les cris. Le passage inexorable du temps s’abat sur moi — moi qui suis revenu des tourments d’une apocalypse coloniale que vous continuez à subir et contre laquelle vous ne cessez de résister. Vous êtes bien vivants, vous résistez, vous luttez contre le racisme et la démence de ses pratiques. Vous comptez les grains de riz et les miettes de pain, vous luttez pour survivre, vous vous agrippez à l’espoir de la libération. Vous êtes vêtus de haillons usés et déchirés à l’approche du froid qui vous fait craindre l’hiver, car il s’agit d’un hiver complice du geôlier. Vous aimez pourtant la chaleur qui s’infiltre dans vos cœurs tendres, alors que vous vous serrez les uns contre les autres, afin que la volonté jaillisse du fer et de sa rouille, de la cellule et de son froid glacial. Vous embrassez la chaleur… vous êtes la chaleur de la vie, la solidarité et l’équation de la résilience : « Soit nous vivrons… soit nous vivrons ! » Alors, ne désespérez pas maintenant, car le désespoir est une mort terrifiante en soi.
J’écris à mes frères emprisonnés, avec l’espoir que mes mots puissent traverser les murs de la prison, l’obscurité des cachots et le dédale des cellules.
Oui… je suis toujours avec eux, là-bas. Entre ici et là-bas, je lance les mots au visage du monde entier, un monde qui souffre de schizophrénie et de crises morales, un monde qui se prétend humain au XXIe siècle, ce siècle des univers virtuels, des émotions électroniques et de l’intelligence artificielle qui devient stupide lorsque je lui demande : « Sais-tu qu’il y a des prisonniers qui ignorent quelle heure il est maintenant ? Des prisonniers qui meurent de faim, non pas parce qu’ils ont décidé de suivre un régime amaigrissant, mais parce qu’un geôlier est en train d’exécuter une manœuvre pour les priver de nourriture. Sais-tu que ces prisonniers ignorent si leurs familles ont péri dans le génocide perpétré actuellement contre le peuple palestinien et qui subissent actuellement l’exclusion et l’extermination ? Je t’en conjure, chère Intelligence artificielle, écris-moi une histoire à propos de la privation… du fascisme… de l’effondrement de l’humanité" (....)