23/10/2025
12/10/2025
Lettre d’un Palestinien en exil à l’humanité qui n’a pas abdiqué
Mohammed Yousef, le 7 octobre 2025
Je vous écris depuis mon exil —
entre la nostalgie et la honte d’un monde qui regarde ailleurs.
Je n’ai plus de maison, plus de terre, plus de mer,
mais j’ai encore ma langue, mes souvenirs,
et cette rage polie qu’on appelle dignité.
Je vous écris à vous —
ceux qui avez refusé de détourner les yeux,
ceux qui ont donné de leur temps, de leur voix, de leur cœur,
pendant que les puissants donnaient des armes.
Vous avez été l’honneur de l’humanité.
Celle qui ne se vend pas sur les plateaux télé,
ni dans les conseils de sécurité.
Pendant que les diplomates calculaient les équilibres géopolitiques,
vous comptiez les morts.
Pendant que des influenceurs prêchaient la paix avec des filtres dorés,
vous, vous pleuriez sincèrement des inconnus.
Et rien que pour ça : merci.
De mon exil, je regarde ce monde
où la compassion s’use plus vite qu’une batterie de smartphone.
Et pourtant, vous êtes encore là.
Têtus. Indécrottables. Magnifiques.
Vous manifestez sous la pluie,
vous boycottez entre deux factures,
vous répondez aux trolls avec des faits —
ce qui, de nos jours, relève de l’héroïsme.
Ne croyez pas que c’est inutile.
Chaque mot que vous écrivez,
chaque pancarte que vous tenez,
chaque silence que vous refusez —
c’est un caillou dans la chaussure de l’injustice.
Et je vous assure : à force de cailloux,
même l’oppresseur finit par boiter.
Le combat est long, oui.
Mais il dépasse la Palestine.
Il parle de ce système planétaire
qui écrase les faibles, repeint ses crimes en stratégie,
et appelle ça ordre international.
Nous sommes devenus le miroir du monde :
ce qui se passe ici n’est pas un conflit,
c’est un test.
Un test pour savoir combien de temps
l’humanité peut regarder l’horreur sans devenir complice.
Alors tenez bon.
Continuez à déranger, à douter, à aimer à contre-courant.
Ne laissez pas la normalité anesthésier vos consciences.
Parce qu’à la fin, ce combat n’est pas entre Palestiniens et Israéliens,
mais entre ce qu’il reste d’humain en nous
et ce que la puissance aveugle veut nous faire devenir.
Le jour où la Palestine sera libre —
et elle le sera, ne serait-ce que par entêtement —
on vous accueillera à bras ouverts.
On fera une fête que même les étoiles viendront regarder.
On dansera, on rira,
et on racontera aux enfants qu’au milieu du désastre,
des gens, quelque part,
ont refusé d’être indifférents.
Et ce jour-là, peut-être,
on cessera enfin de vous appeler les soutiens de la Palestine
pour vous appeler tout simplement :
les survivants de l’humanité.
Avec tendresse, ironie et poussière dans la gorge,
Un Palestinien en exil, toujours debout.
11/10/2025

10/10/2025

10/10/2025
Put your soul on your hand and walk est ma réponse en tant que cinéaste, aux massacres en cours des Palestiniens. Un miracle a eu lieu lorsque j’ai rencontré Fatem Hassona. Elle m’a prêté ses yeux pour voir Gaza où elle résistait en documentant la guerre, et moi, je suis devenue un lien entre elle et le reste du monde, depuis sa « prison de Gaza » comme elle le disait. Nous avons maintenu cette ligne de vie pendant plus de 200 jours. Les bouts de pixels et sons que l’on a échangés sont devenu le film que vous voyez. L’assassinat de Fatem le 16 avril 2025 suite à une attaque israélienne sur sa maison en change à jamais le sens.
Sepideh Farsi, réalisatrice.
Emission Les Midis de Culture avec Sepideh Farsi le 19/09 sur France Culture
Critique dans Le Monde, 24/09/2025,
l'AFPS en avait organisé la projection en avant-première avec Le Klub le 19 juin, suivi d'interventions de Pr Raphaël Pitti et du chercheur Dr Thomas Vescovi.
09/10/2025
https://www.festival-fameck.com/
Le Liban est à nouveau le pays invité de cette 36e édition qui s’ouvre sur un monde en crise, tétanisé par ses guerres et des violences inouïes qui n’en finissent pas, nous laissant désorientés et sans voix.
Plus que jamais, en ces temps troublés, le Festival souhaite proposer un cinéma qui informe et qui nous rassemble autour d’un dialogue citoyen, qui éclaire sur les chamboulements géopolitiques et qui apporte des clés de compréhension.
Il est plus que nécessaire de donner la parole aux artistes pour décrire les réalités, leur vécu et envisager des solutions.
Le cinéma libanais est en tête d’affiche avec une créativité particulièrement féconde, où tous les points de vue, tous les styles sont explorés par les cinéastes. En évoquant l’histoire, le cinéma libanais témoigne de l’exil, de la mémoire, de l’oubli mais aussi de la résilience et de l’espoir.
Le cinéma palestinien, à la fois outil de mémoire et de résistance, occupe une place toute particulière dans la programmation de la 36e édition du Festival avec de nombreux films qui interpellent le spectateur en quête de compréhension, comme autant de témoignages pour l’Histoire.
Les films qui peuvent alimenter notre réflexion sur la Palestine :